Zéro pointé : le chef de rubrique version mauvais prof

Publié le par Laure.

Certains chefs de rubrique (pas tous, bien heureusement !) ont l’esprit quelque peu obtus. Un pigiste est nécessairement un journaliste débutant ou sortant d’école, pensent-ils, sûrs de leur fait et de leur bien pensée. Ne les décourageons pas, ils croient tellement bien faire ;-)


Avec un peu d’expérience, ça se ressent dés le premier rendez-vous téléphonique : ils n’ont pas l’habitude de bosser avec des pigistes et ils estiment qu’il va falloir les former, ces pt’its jeunes. Vous passez outre, proposez un sujet qui est accepté, menez rondement votre enquête et rendez votre papier. Pas de retour. Enfin, même pas un petit e-mail de retour que toute personne humaine envoie par correction, même à un prestataire, pour dire : merci, j’ai bien reçu. La position hiérarchique doit certainement s’imposer dés le départ.


15 jours plus tard, une réponse, enfin : « J’ai corrigé ton article (appréciez le terme ;-) et te renvoie mes remarques dans le document ci-joint. Je t’appelle au plus vite pour en discuter avec toi. » Vous ouvrez le document en question et là le fou rire vous gagne. Vous voilà revenu à l’école. Vous savez, pas l’école sympa de la cour de récré, non non non. Celle du professeur qui griffonne en rouge souligné d’un trait. Vous vous étonnez presque qu’il n’y ait pas de note en haut de la page.

Petites perles au hasard en gardant exactement la mise en forme – si vous en avez d’autres n’hésitez pas ! - :

AS-TU VERIFIE ?

[Commentaire du pigiste expérimenté : heu non c’est pas ça du tout, j’ai tout inventé tu sais]

??? C’EST QUOI ???,

[Magnifique série de points d’interrogation, qui souligne le manque de culture générale de mon ami chef de rub]

FORMULE LOURDE

[Soit, c’est juste le meilleur expert du secteur qui l’a utilisé]

CROIS TU TOUJOURS ETRE DANS l'angle ?
[C'est vrai, tu as raison, je ne suis plus dans l'angle que tu avais dans la tête avant même que je ne commence l'enquête]

Vous pensez que j'ai la grosse tête et que je ne sais pas remettre en question ? Que nenni. En bossant avec moult canards, on apprend vite où se situe la barrière entre qualité d’écriture et d’enquête et bâclage. Et en l’occurrence, le papier rendu se situait du bon côté de la barrière. Bien sûr tout mérite amélioration mais c’est tout de même étrange que dans tous les autres canards, ce genre de jeté de copie ne se pratique pas.


Conclusion de cette petite expérience (heureusement rare) : vous vous enfuyez à grandes enjambées ! Car l’intérêt formidable du pigiste est tout de même de choisir les personnes avec lesquelles il a envie de bosser. Fallait-il entamer une discussion avec le prof en question ? Oh non, ce serait encore un peu plus de temps perdu ! Vous rendez fissa les corrections, en évitant la discussion téléphonique longuette et inutile : l’écrit était déjà suffisamment explicite ;-) Et vous appréciez encore plus les chefs de rub normaux, ceux qui ne se prennent pas pour de (mauvais) profs.
Laure.

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Phil 11/11/2008 19:39

J'aime beaucoup vos rubriques... enfin du réalisme par des personnages de l'intérieur.... c'est aussi ça notre quotidien d'agence de relations presse - pas avec toutes les rédactions heureusement !bonne soirée

ludovic 07/11/2008 17:48

Rigolo, surtout vu d'un (ex)responsable de rubrique. Avis perso, si effectivement le papier est aussi catastrophique que cette personne l'imagine, un coup de fil au pigiste s'impose.Méfiance quand même sur les commentaires, par exemple le (formule lourde) mal vécu. Parce que, même si la personne citée est le meilleur expert du domaine, si elle jargonne ou prend une plombe pour en arriver au vif du sujet (verbiage administratif par exemple), la formule peut effectivement être lourde.Sauf que dans ce cas ce qui s'imposerait serait d'en proposer une autre, discutable aussi.

boubou 26/10/2008 01:09

bonsoir  je survole en ce moment mais je reviendrais je sens que je vais aimer c pas mal  fait continu ne change rien  boubou

Yann 24/10/2008 20:50

Les secrétaires de rédaction, c'est pas mal aussi ! Je crois que dans certaines rédac, j'ai passé plus de temps à corriger les fautes de syntaxes et erreurs de sens d'une SR zélée qui tient absolument à laisser sa marque, qu'à écrire mon papier. Ca demande beaucoup de temps lorsqu'on veut ménager les susceptibilités. En fait, ça en fait surtout perdre !Et lorsqu' on doit placer la diplomatie au dessus de l'efficacité, ça peut devenir une vraie souffrance.