Etats généraux de la presse : mais où sont les journalistes ?

Publié le par Laure.

Vous avez sûrement entendu parler des Etats généraux de la presse écrite, mais si, vous savez, ces grandes réflexions organisées par la présidence de la République www.etatsgenerauxdelapresseecrite.fr ?
Les journalistes d’en bas, ceux du desk et ceux du reportage, ceux qui bossent dans les rédacs et en indépendants, ceux qui écrivent, ceux qui relisent, ceux qui photographient, ressentent tous une gêne quand on leur pose la question. Comme si on leur parlait d’un chantier lointain, situé dans les sphères des tours d’ivoire élyséennes.

La bonne nouvelle c’est que nous sommes très nombreux à ressentir le même sentiment étrange. Pourquoi a t-on l'impression d'être absents de ces débats qui touchent tout de même au cœur de nos métiers, des modes de distribution des journaux auxquels on contribue et des modèles économiques de notre secteur ? Si vous n'êtes pas convaincus, allez jeter un oeil sur le site des Etats généraux, vous comprendrez vite les enjeux en cours.


Le 21 octobre, le collectif
de journalistes de la presse écrite, « Ça presse », a lancé en catimini un appel aux journalistes de terrain à en débattre ensemble. Le bouche à oreilles a fonctionné et nous étions 150 environ au Club de la presse de Paris à être venus s’informer et discuter. A la tribune, des gens qui avaient participé aux premières réunions des groupes de travail des Etats généraux, et d’autres qui avaient été évincés (cf. le compte rendu complet sur le blog créé pour l’occasion par Ça presse http://www.capresse.org ).
Le vague malaise s’est trés vite concrétisé. Ces Etats généraux font la part belle aux décideurs de la presse mais pas aux journalistes, aux pigistes et aux photographes de presse en particulier, ont martelé ceux là même qui font partie des groupes de travail. Oyez oyez, c’est de nous qu’on cause, n’est-il pas plus que temps de mettre les pieds dans le plat des Etats généraux ?


Toutes les associations nombreuses qui étaient présentes dans la salle, ont décidé de lancer un mouvement, plutôt atypique et intéressant : de se fédérer pour se faire entendre ! Même si des sceptiques disent qu’ils n’ont rien à faire de ces Etats généraux et que la meilleure défense est de les ignorer, je suis de ceux qui pensent que puisque le chantier est en cours (il aurait mieux fallu l’empêcher sinon) autant être vigileant.

 

Ca presse a fait un petit communiqué au nom de tout le monde suite à la soirée. En voilà un extrait :

Les participants de la soirée du 21 octobre ont convenu qu'il fallait :

- plaider en faveur de la reconnaissance juridique des équipes rédactionnelles, seul moyen de contrebalancer la perte d’influence - voire la marginalisation ­ des journalistes dans les entreprises de presse par l’octroi de garanties déontologiques collectives.

- lutter pour la préservation des droits d’auteur qui seuls permettent une crédibilité et une traçabilité de l’information.

- réformer les aides à la presse pour qu’elles bénéficient aux seules entreprises qui reconnaissent la déontologie aux journalistes et appliquent les lois sociales, notamment à l’égard des pigistes.
Ils ont appelé à une mobilisation dans toutes les rédactions afin que les journalistes de terrain se saisissent de ces Etats-Généraux pour faire entendre leur voix.

Et le blog collectif a ouvert quelques jours plus tard : http://www.capresse.org

 

Alors comment agir ? Ben en en parlant déjà, dans vos rédactions, vos réseaux de pigistes et autres journalistes, en échangeant sur les blogs, en envoyant des e-mails et avis sur le site des Etats généraux. Il faut du buz, pas au profit de telle ou telle assos, mais au minimum pour se faire entendre. Que la Toile journalistique se mette à bruire.

Laure.

Publié dans Médias Débats

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Yann / La Rédac Nomade 14/11/2008 17:06

Ca va vous paraître étrange, mais c'est à l'extrême droite que j'ai constaté (lors d'une enquête sur le FN) le plus de directeurs de publication femmes. Je me souviens entre autre de "Rivarol" et du quotidien "Présent". La place qui leur est réservée dans ces partis d'extrême droite n'est pourtant pas très reluisante!

Laure 14/11/2008 15:13

Ah ça, les femmes et la presse, y'a un roman à écrire... Combien de rédactrices en chef ? De directrices générales de la rédaction ? Le plafond de verre s'applique très très bien dans la presse.

Sophie 14/11/2008 14:16

Ou sont les journalistes, les pigistes et... les femmes remarque aussi le blog le Rose dans le grishttp://drdlg.blogs.com/du_rose_dans_le_gris/2008/10/etats-gnraux-de.html