Je viens de recevoir les listes des
syndicats se présentant aux élections de la Commission de la carte de presse. Des syndicats qui dans leur grande majorité avaient participé à cette mascarade des Etats généraux de la presse
lancés par Nicolas Sarkozy. Que proposent-ils aujourd’hui ? Rien de plus que ce qu’ils proposaient hier : la défense de la Commission de la carte. Super !
Personnellement, je n’ai jamais compris à quoi servait cette carte. Il n’est même pas nécessaire d’être encarté pour bénéficier de la réduction d’impôts. Alors, une carte pour quoi faire ? Pour entrer gratos dans les musées nationaux ? Et en quoi cette Commission qui applique des critères discriminatoires à l’égard des pigistes serait-elle « un acquis majeur à préserver » ?
Pour l’ensemble de ces syndicats, le pigiste reste un précaire, rien de plus, même si les professions de foi soulignent qu’il est aussi un
« journaliste à part entière ». Heureux de le lire. Mais imaginer que la pige puisse être un choix de vie est inimaginable pour ces syndicats qui ne s’intéressent à ces indépendants que
pour les intégrer. Les pigistes embarassent les syndicats, car ils leur échappent. Il ne s’agit donc pas pour eux d’en faire de vrais indépendants, mais des « intégrés » (désintégrés)
comme les autres. Ainsi, assiste-t-on à des réunions pigistes surréalistes dans ces syndicats avec de savantes discussions autour de la revendication de tickets restaurants par exemple.
Evidemment une priorité pour le pigiste qui peine quelquefois à se faire simplement payer !
Car dans ces syndicats, on ne s’intéresse qu’au pigiste qui travaille de façon très régulière pour un ou deux supports, jamais pour celui, infidèle, qui préfère virevolter à droite et à
gauche.
Que font ces syndicats depuis des années pour la profession elle-même ? Les pigistes sont-ils mieux payés ? N’y a-t-il pas toujours autant d’écoles de journalisme « pompes à fric », comme l’ESJ Paris par exemple que j’ai eu le malheur de connaître et qui proposait de faire payer même le passage des examens (à des prix exhorbitants) en plus des frais de scolarité ?
Dans le contexte actuel, on aurait pu s’attendre aussi à un discours un peu plus offensif, plus politique. Non, les syndicats restent d’un
corporatisme et d’un apolitisme désolant. Serait-ce l’effet de ce mythe abêtissant de l’objectivité journalistique ?
Je n’ai pour l’heure trouvé aucune raison de participer à ces élections, mais si vous souhaitez me convaincre…
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