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Médias Débats

Vendredi 26 juin 2009
Dans l'excellent numéro spécial "Ou va la presse?" publié par Courrier International fin juin, un article est particulièrement révélateur de la crise que connait actuellement notre profession. Invitée à raconter ses 30 ans d'expérience de journalisme devant les diplômés frais émoulus de l'Université de Berkeley, Barbara Ehrenreich ne leur raconte pas d'histoires, elle y va cash : son article-compte-rendu est titré "Bienvenue dans une industrie mourante, jeunes journalistes". Après avoir bien vécu de la presse (surtout dans les 90's), puis découvert par hasard que la pige est ce qu'elle préférait faire, elle explique, en partant de son propre vécu, la lente dégradation des conditions de travail, d'abord dans les hebdomadaires, ensuite l'édition et la presse quotidienne. Son analyse finale de la profession de journaliste est lucide mais pas défaitiste et mérite d'être reprise ici, car elle pourrait s'appliquer aussi aux journalistes en France :
"Nous n'appartenons pas à une élite. Nos appartenons à la classe ouvrière, exactement comme tous les journalistes qui, pendant la plus grande partie de l'histoire des Etats-Unis, se sont toujours considérés comme des ouvriers. Nous pouvons être sous-payés, malmenés, renvoyés de façon arbitraire, comme n'importe quel ouvrier du secteur automobile, mécano, gouvernante d'hôtel ou hôtesse de l'air. Il y a cependant une différence: un ouvrier du secteur automobile ne peut pas aller dans son garage et assembler des voitures à la main. Mais nous, les journalistes, nous ne pouvons pas arrêter de faire ce que nous faisons. Dans les années 1970, l'heure étant au journalisme "gonzo". Ce que nous devons faire aujourd'hui c'est du journalisme de guerilla. Et rien ne nous arrêtera".
Voici l'article en version originale :
http://www.alternet.org/story/140442/barbara_ehrenreich:_welcome_to_a_dying_industry,_j-school_grads/
Par Pierre
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Vendredi 1 mai 2009


Sensibilisée dès le début de l’annonce de risque de pandémie de la grippe, car mon conjoint était à New York, j’ai suivi de très près les informations sur cette grippe A H1N1... De plus en plus en colère contre les journalistes. Et ce matin, c’est l’info qui fait déborder le vase : on nous répète depuis trois jours que des contrôles sont faits à la sortie des avions en provenance du Mexique et des Etats-Unis… C’est archi faux ! Mon conjoint n’a eu ni contrôle, ni information, pas même un relevé d’adresse… Des interviews radios, des reportages TV le montrent.
Alors comment des journalistes peuvent-ils encore colporter ces mensonges, notamment sur les ondes ?  Idem pour les cellules de crise vers lesquelles est orienté le public. Les journalistes les ont-elles appelées? Il y a trois jours, celle du Quai d’Orsay a reconnu le manque d’information et m’a orientée vers celle du ministère de la santé. Après m’avoir répété trois fois de ne pas m’inquiéter, une femme m’a assuré qu’une prise de sang à l’arrivée de mon conjoint nous  permettrait de savoir s’il risquait de contaminer notre très jeune enfant… Info vérifiée et archi fausse, même dangereuse. 
 
Le rôle des journalistes est primordial dans cette crise. Que l’information officielle soit tronquée (au bas mot !) pour être rassurante c’est une chose. Mais que les journalistes reprennent texto ces informations trompeuses, c’est continuer à jeter le discrédit sur une profession qui n’en n’a vraiment pas besoin ! Nous ne sommes pas les relais de la parole officielle.

Par Sabine Ganansia/La Rédac Nomade
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Lundi 20 avril 2009

Je viens de recevoir les listes des syndicats se présentant aux élections de la Commission de la carte de presse. Des syndicats qui dans leur grande majorité avaient participé à cette mascarade des Etats généraux de la presse lancés par Nicolas Sarkozy. Que proposent-ils aujourd’hui ? Rien de plus que ce qu’ils proposaient hier : la défense de la Commission de la carte. Super !

Personnellement, je n’ai jamais compris à quoi servait cette carte. Il n’est même pas nécessaire d’être encarté pour bénéficier de la réduction d’impôts. Alors, une carte pour quoi faire ? Pour entrer gratos dans les musées nationaux ? Et en quoi cette Commission qui applique des critères discriminatoires à l’égard des pigistes serait-elle « un acquis majeur à préserver » ?

Pour l’ensemble de ces syndicats, le pigiste reste un précaire, rien de plus, même si les professions de foi soulignent qu’il est aussi un « journaliste à part entière ». Heureux de le lire. Mais imaginer que la pige puisse être un choix de vie est inimaginable pour ces syndicats qui ne s’intéressent à ces indépendants que pour les intégrer. Les pigistes embarassent les syndicats, car ils leur échappent. Il ne s’agit donc pas pour eux d’en faire de vrais indépendants, mais des « intégrés » (désintégrés) comme les autres. Ainsi, assiste-t-on à des réunions pigistes surréalistes dans ces syndicats avec de savantes discussions autour de la revendication de tickets restaurants par exemple. Evidemment une priorité pour le pigiste qui peine quelquefois à se faire simplement payer ! 
Car dans ces syndicats, on ne s’intéresse qu’au pigiste qui travaille de façon très régulière pour un ou deux supports, jamais pour celui, infidèle, qui préfère virevolter à droite et à gauche.

Que font ces syndicats depuis des années pour la profession elle-même ? Les pigistes sont-ils mieux payés ? N’y a-t-il pas toujours autant d’écoles de journalisme « pompes à fric », comme l’ESJ Paris par exemple que j’ai eu le malheur de connaître et qui proposait de faire payer même le passage des examens (à des prix exhorbitants) en plus des frais de scolarité ?

Dans le contexte actuel, on aurait pu s’attendre aussi à un discours un peu plus offensif, plus politique. Non, les syndicats restent d’un corporatisme et d’un apolitisme désolant. Serait-ce l’effet de ce mythe abêtissant de l’objectivité journalistique ?

Je n’ai pour l’heure trouvé aucune raison de participer à ces élections, mais si vous souhaitez me convaincre…

Par Yann / La Rédac Nomade
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Mardi 6 janvier 2009

Dans le débat sur Internet opposant journalistes professionnels qui défendent une presse écrite de qualité donc payante et bloggeurs partisans d'un journalisme gratuit et à tout le monde, un thème revient souvent : l'anonymat. La plupart des bloggeurs prennent un pseudo pour s'exprimer (certains pour des raisons professionnelles), la plupart des journalistes pros signent de leur nom. Les premiers revendiquent leur masque comme garant de leur liberté de ton, les seconds paraphent par tradition et pour certifier les infos publiées. Les éditorialistes sont une catégorie à part puisqu'on fait appel à eux pour leur signature, de plus en plus rejoints par les signataires des tribunes ouvertes et autres forums dans la presse quotidienne.
Certains magazines choisissent de publier leurs articles sans aucune signature, pour renforcer la cohésion de la rédaction et non l'égo de certains confrères. C'est le cas de journaux anglo-saxons comme le Nouvel Economist. C'est très rare en France même si certains s'y mettent comme le nouveau mag littéraire Books (
www.booksmag.fr).
Sur ce thème de l'anonymat dans l'info, voici deux bonnes analyses de la part de journalistes en exercice, l'une ayant choisit de rester anonyme (la plume d'Aliocha), l'autre ne cachant pas son identité (Com-Vat, Hugues Serraf ) :
http://laplumedaliocha.wordpress.com/2008/10/18/imperieux-anonymat/ et
http://www.com-vat.com/commvat/medias/

Par Pierre
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Jeudi 13 novembre 2008

Ca y est, ça prend forme ! Les journalistes de terrain concrétisent leur volonté de réagir aux Etats généraux de la presse écrite, organisés sur leur métier... et sans eux.

Le RAJ, le Rassemblement des Associations de Journalistes, est né officiellement ce matin, pour faire entendre la voix de "ceux qui font", rédacteurs, secrétaires de rédac, maquettistes, iconos, photographes et autres directeurs artistiques.

Le Monde a publié hier un point de vue du Forum des sociétés de journalistes intitulé "Le pluralisme oublié." 
Un extrait du début de l'article : "Singuliers Etats généraux de la presse écrite où n'ont été concédées que deux places - sur 140 participants - aux représentants des sociétés de journalistes. Et encore, au terme d'âpres négociations avec l'Elysée qui en disent long sur l'objectivité des débats." :
A lire sur :
http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/11/le-pluralisme-oublie_1117267_0.html

Vu le nombre hallucinant d'associations de journalistes terrain de tout poil et toute sorte, on pourrait vite se retrouver nombreux dans le RAJ. Les premiers signataires représentent déjà 1600 adhérents, un bon début ;-) Pour info, le mail du RAJ est raj.asso.contact(at)gmail.com

Dans la liste des objectifs de ce rassemblement : défendre une info de qualité, sauvegarder le pluralisme de la presse et retrouver la confiance des lecteurs.
Car on aurait pu l'oublier mais on écrit tout de même à priori toujours pour des lecteurs... et sont-ils représentés, eux dans les Etats généraux ? Ben non, ce serait trop logique.

Alors, récapitulons : voici de grandes et belles réunions organisées sur la presse écrite, sa réalité et son avenir, qui n'écoutent ni les avis des journalistes, ni ceux de leurs lecteurs.
Drolatique, non ?

Laure.

Par Laure.
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Vendredi 7 novembre 2008

Vous avez sûrement entendu parler des Etats généraux de la presse écrite, mais si, vous savez, ces grandes réflexions organisées par la présidence de la République www.etatsgenerauxdelapresseecrite.fr ?
Les journalistes d’en bas, ceux du desk et ceux du reportage, ceux qui bossent dans les rédacs et en indépendants, ceux qui écrivent, ceux qui relisent, ceux qui photographient, ressentent tous une gêne quand on leur pose la question. Comme si on leur parlait d’un chantier lointain, situé dans les sphères des tours d’ivoire élyséennes.

La bonne nouvelle c’est que nous sommes très nombreux à ressentir le même sentiment étrange. Pourquoi a t-on l'impression d'être absents de ces débats qui touchent tout de même au cœur de nos métiers, des modes de distribution des journaux auxquels on contribue et des modèles économiques de notre secteur ? Si vous n'êtes pas convaincus, allez jeter un oeil sur le site des Etats généraux, vous comprendrez vite les enjeux en cours.


Le 21 octobre, le collectif
de journalistes de la presse écrite, « Ça presse », a lancé en catimini un appel aux journalistes de terrain à en débattre ensemble. Le bouche à oreilles a fonctionné et nous étions 150 environ au Club de la presse de Paris à être venus s’informer et discuter. A la tribune, des gens qui avaient participé aux premières réunions des groupes de travail des Etats généraux, et d’autres qui avaient été évincés (cf. le compte rendu complet sur le blog créé pour l’occasion par Ça presse http://www.capresse.org ).
Le vague malaise s’est trés vite concrétisé. Ces Etats généraux font la part belle aux décideurs de la presse mais pas aux journalistes, aux pigistes et aux photographes de presse en particulier, ont martelé ceux là même qui font partie des groupes de travail. Oyez oyez, c’est de nous qu’on cause, n’est-il pas plus que temps de mettre les pieds dans le plat des Etats généraux ?


Toutes les associations nombreuses qui étaient présentes dans la salle, ont décidé de lancer un mouvement, plutôt atypique et intéressant : de se fédérer pour se faire entendre ! Même si des sceptiques disent qu’ils n’ont rien à faire de ces Etats généraux et que la meilleure défense est de les ignorer, je suis de ceux qui pensent que puisque le chantier est en cours (il aurait mieux fallu l’empêcher sinon) autant être vigileant.

 

Ca presse a fait un petit communiqué au nom de tout le monde suite à la soirée. En voilà un extrait :

Les participants de la soirée du 21 octobre ont convenu qu'il fallait :

- plaider en faveur de la reconnaissance juridique des équipes rédactionnelles, seul moyen de contrebalancer la perte d’influence - voire la marginalisation ­ des journalistes dans les entreprises de presse par l’octroi de garanties déontologiques collectives.

- lutter pour la préservation des droits d’auteur qui seuls permettent une crédibilité et une traçabilité de l’information.

- réformer les aides à la presse pour qu’elles bénéficient aux seules entreprises qui reconnaissent la déontologie aux journalistes et appliquent les lois sociales, notamment à l’égard des pigistes.
Ils ont appelé à une mobilisation dans toutes les rédactions afin que les journalistes de terrain se saisissent de ces Etats-Généraux pour faire entendre leur voix.

Et le blog collectif a ouvert quelques jours plus tard : http://www.capresse.org

 

Alors comment agir ? Ben en en parlant déjà, dans vos rédactions, vos réseaux de pigistes et autres journalistes, en échangeant sur les blogs, en envoyant des e-mails et avis sur le site des Etats généraux. Il faut du buz, pas au profit de telle ou telle assos, mais au minimum pour se faire entendre. Que la Toile journalistique se mette à bruire.

Laure.

Par Laure.
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Jeudi 23 octobre 2008

Il y a quelques jours je rencontrais Omar Raddad à Toulon, pour le mensuel Le Courrier de l'Atlas. Il vient de prendre Sylvie Noachovitch comme avocate et s'apprète à demander la révision de son procès. Près de 4 heures 30 d'entretien non stop durant lesquelles il m'a conté son procès 'abracadabrantesque'. Une affaire qui s'apparente bien plus à un complot qu'à une erreur judiciaire proprement dite.

Bien sûr, j'ai voulu connaître son regard sur les médias. Il m'a d'abord parlé des journalistes honnêtes (pour lui, ceux qui simplement disent la vérité). Il a d'ailleurs été dithyrambique sur le journaliste écrivain Jean-Marie Rouart qui avait mené une enquête à l'époque ("Omar, la construction d'un coupable" Ed. de Fallois). Evidemment, ce ne sont pas ceux-là qui m'intéressaient. Il m'a ensuite expliqué avoir souffert des mensonges étalés dans la presse sur toute la période 1991/94. "A 80%, tout était faux". La raison est simple : "Les journalistes prennent tout ce que disent le juge et les enquêteurs" m'a-t-il dit .

C'est sans doute le problème des journalistes fainéants, mais c'est surtout quelquefois - et c'est plus grave - celui des journalistes spécialisés dans les affaires judiciaires. Combien de ces journalistes en effet travaillent avec certains magistrats, dans un esprit de donnant-donnant. Il n'est plus question alors pour eux de changer une virgule, de peur de se griller une source essentielle (celle qui va peut être leur assurer régulièrement de la matière pour leurs papiers). Raddad a-t-il aussi été victime de ces collusions entre journalistes et juges ?
Aujourd'hui, on le sait, le juge Renard qui a instruit la quasi totalité du dossier a été quelques années plus tard - et pour une autre affaire - condamné pour violation du secret d'instruction. Il aura fallu toute la ténacité du procureur Eric de Montgolfier et un rapport accablant du Conseil Supérieur de la Magistrature pour qu'il soit finalement mis à la retraite.

Lors de l'interview, Raddad s'est ainsi étonné d'un étrange numéro qui lui était récemment consacré dans l'émission "Faites entrer l'accusé" de France 2. Presque une commande de la partie adverse, avec des éléments inventés ne figurant pas même dans le dossier ! De plus, ni lui ni aucun de ses avocats n'avaient été sollicités. Etrange, non ?

Pour tous ceux qui suivent les affaires judiciaires, ces collusions contre nature, sont légion. La semaine dernière, Roger-Marc Moreau, le détective privé appelé par Verges en 1994 pour l'affaire me résumait la politique de cette émission contre laquelle il m'a dit porter plainte " 'Faites entrer l’accusé', c’est bien connu, donne la part belle à l’accusation, bien plus qu’à la defense. Les journalistes ne veulent  pas se griller avec le systeme et pouvoir faire intervenir des juges et des policiers sur leur plateau. Ils remettront rarement en cause des décisions judiciaires".

Ainsi, s'il ne faut pas se fier aveuglément aux journalistes, a fortiori intégrés à une rédaction, il faut sans doute être plus vigilant encore  à l'égard de ces journalistes 'rubricards' qui ont tissé au cours des années des liens privilégiés avec certains services, administrations, politiques... Parmi ceux-là, quelques uns sont quelquefois près à piétiner leurs beaux principes éthiques pour conserver une source régulière, fût-elle celle de la désinformation. Les grandes affaires politico-judiciaires en cours en sont une éclairante illustration.
Et c'est un journaliste qui vous le dit...
 

Yann

Par Yann
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Vendredi 26 septembre 2008
Polémiques, discussions, controverses, échanges de vues, querelles, tables rondes ou contestation : autant de synonymes des débats qui vont trés bientôt animer cette rubrique !
Par La Rédac Nomade
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Vendredi 19 septembre 2008
La newsletter Nomade de septembre vient de partir, à destination de rédacteurs en chef et chefs de rubriques. 
Tous les 2 mois, nous leur transmettons nos derniers synopsis, actualités et parutions. Si cela vous intéresse, contactez-nous : tribu@redacnomade.com
Par La Rédac Nomade
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