Vendredi 28 novembre 2008
Une jolie pagaille ! A mon arrivée à la Mutualité ce
mardi 25 novembre vers 18 heures, il semblait y avoir plus de journalistes que de socialistes. C'était le vote très attendu du Conseil national du PS. Photographes et JRI étaient interdits d'entrée. Agglutinée au-dessus d'une table, une nuée de journalistes
etouffaient deux responsables com PS, à peine visible sous une
incroyable forêt de bras tendant des cartes de presse. Tous s'impatientaient, pestant contre l'organisation.
La consigne était stricte et elle m'a été rappelée par
le service d'ordre socialiste à l'entrée de la grande salle : « Si vous sortez un appareil photo, on vous sort tout de suite ! » J'ai donc pu assister au vote qui s'est
déroulé, aussi étonnement que cela puisse paraître, de façon très sereine et sans contestation. A mains levées. Sans surprise, le rapport de la Commission de récolement a donc été accepté par 159
voix pour, 76 contre et 2 abstentions et l'élection de Martine Aubry, enfin validée. Un petit discours - qui ne rentrera sans doute pas dans l'histoire - de la nouvelle secrétaire générale,
des promesses de rénovation qui ne mangent pas de pain, des applaudissements et tout le monde regagne presto la sortie où une meute de journalistes retenus par le fameux service d'ordre est prête
à fondre sur le dos des éléphants.
A l'extérieur, une quinzaine de manifestants ségolinistes manifestent avec des
pancartes : « Les militants demandent un nouveau vote ». Alors que je m'apprête à filmer une des manifestantes du groupe, celle-ci vient vers moi et me demande sèchement
si j'ai une carte de presse. La question m'a fait sourire et je crois ne pas avoir répondu. Je pensais naïvement que le but d'une manifestation était d'être vu et
entendu...
Avec l'arrivée des nouveaux supporters socialistes, nous avons vraiment aujourd'hui au PS,
deux cultures militantes. Je me suis rendu compte très vite de cette fracture culturelle lorsque j'ai couvert les Universités de La Rochelle. Les réponses des partisans de Ségolène Royal étaient
en effet des plus déconcertantes pour qui est habitué à entendre des réponses politiques à des questions politiques. Force est de constater que nous étions là dans un autre registre : de
l'émotion, de la personne... même si le dévouement et l'énergie déployée pouvait être identique que celle des autres socialistes.
Le PS a beaucoup critiqué la présentation caricaturale que les journalistes ont
fait du parti, notamment à la Rochelle. Peu de journalistes il est vrai se sont réellement intéressés au fond des débats, préférant courir les cafés de la Rochelle pour voir qui mange avec
qui, qui fait bande à part... Alors envoyé par un mensuel, je ne pouvais me passionner pour tous ces échanges complotistes, sachant que les alliances allaient changer à peu près toutes les
heures. J'ai donc suivi assez studieusement les ateliers, souvent passionnants, sur l'école publique, la laïcité, l'audiovisuel, l'Europe... me faisant pourtant peu d'illusion de ce qu'il
en resterait une fois les hostilités de succession ouvertes. Les ateliers étaient totalement désertés par les journalistes qui avaient probablement anticipé la guerre qui s'annonçait. Peut-on
leur en faire grief ? Reims nous confirmera que ce procès fait aux
journalistes était peut être injuste.
Des idées, il n'en reste rien. Et une fois de plus, tout s'est effacé sous la guerre des
egos.
Voici une petite vidéo ambiance que j'ai faite ce soir-là à la Mutualité
:
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