Le social business n'est pas vendeur

Publié le par Laure / La Rédac Nomade

"Génération solidaire, réinventons, entreprenons" : voilà comment s'intitulait la grand messe organisée par la Danone Communities et HEC l’autre jeudi. Des milliers d'étudiants ont rempli le grand Rex à Paris pour venir écouter, et échanger (enfin, c'était ce qui était promis) avec une brochette d'invités. La guest star, très attendue et applaudie, c'était Muhammad Yunus, prix nobel de la paix, inventeur du micro crédit et chantre d’une économie solidaire. Avec autour de lui Martin Hirsh ou encore Franck Riboud, PDG de Danone, on s'attendait à des échanges intéressants...

Le débat fût pâlichon mais c'était amusant de voir la différence de mentalité entre Muhammad Yunus et les autres intervenants. Un professeur de marketing s'auto flagellait en disant qu'il fallait revoir tout le marketing, Muhammad Yunus faisait remarquer que le marketing n'était pas mauvais quand il permettrait de lutter contre le fléau du tabac. Un participant disait que Danone se servait de la notoriété de la Grameen Bank (la banque des pauvres, créée au Bangladesh en 1976) pour communiquer et Muhammad Yunus de lancer : Tant mieux ! Tant que cela sert mon objectif solidaire.


La force de cet homme est bien là : avoir toujours suivi la même ligne de conduite qui fait fi de tout code. C'est d'ailleurs ainsi qu'il a réussi à monter sa banque des pauvres. Comme il l’explique avec une grande sérénité : "

Concrètement, au-delà de tout préjugé, nous, les journalistes, sommes nous prêt à ne plus céder aux sirènes du catastrophisme ? Nous et vous, les lecteurs, sommes nous prêts à lire des infos sur l’économie solidaire ? La réponse semble vite trouvée quand on regarde les Unes des titres économiques et des autres d'ailleurs. Et pourtant, il suffirait de peu de choses… Comme le dit Muhammad Yunus : « Chaussez vos lunettes de social business. Et vous allez voir : le monde vous semblera très différent. » 

Laure.

Pour aller plus loin : le site "
le temps presse"  où visionner les 8 films des réalisateurs.

Je n'avais rien planifié, pas même l'idée du micro crédit. Je voulais juste au départ répondre à un besoin humain. Il faut ouvrir la porte à l'utopie, se dire que toucher la vie de chaque individu est possible."

En attendant, les journalistes ont été à la fête ce jeudi là. Christine Kelly, membre du CSA, ex présentatrice TV, a largement déploré, quand elle présentait le journal sur LCI, de n’avoir quasiment jamais ouvert le JT sur la solidarité sauf pour le tsunami. Plus tard, en écoutant l'action de Danone en faveur du social business, Christine Kelly s’est écriée : " Mais que font les médias ? Pourquoi ce profil de Monsieur Riboud n'est-il pas expliqué ? Pourquoi n’est-il perçu que dans son rôle de patron le mieux payé du CAC 40 ?"
 

On aurait pu trouver ces remarques candides et simplistes, issue d’une repentie de la « méchante » presse. Mais l’arrivée sur scène de Wim Wenders a renforcé un sentiment de malaise envers les médias. Wim Wenders fait partie des réalisateurs qui s’engagent pour médiatiser un pari fou, lancé en l’an 2000 et intitulé Les objectifs du millénaire pour le développement
. La salle a découvert en avant première le court métrage qu’il a réalisé pour l’occasion. Un film très critique sur les pratiques journalistiques. On assiste en effet au montage d’un JT dans une rédaction TV qui n'angle bien sûr que sur les clashs, les clichés, et les stéréotypes. Une fois l'équipe sortie du studio, les personnages se mettent à sortir de l’écran, à parler et à expliquer leur vraie vie et leur réalité. Le business solidaire est expliqué et Yunus mis à l’honneur.

Publié dans Médias Débats

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